Il y en a pour tous les goûts, méthodes et méthodes et méthodes (Paroles et paroles et paroles… Dalida)
Ce qui suit est une réflexion personnelle qui n'engage que moi.
Un message trompeur
La plupart des méthodes d'autodéfense proposent un
répertoire de techniques conçues pour faire face à différents
types d'agressions. Bien que souvent efficaces, ces techniques sont
violentes et leur maîtrise exige en réalité des années de
pratique.
Suggérer qu'il est possible d'apprendre à se libérer
d'un agresseur en quelques heures ou quelques semaines est
particulièrement dangereux, car une réaction inadaptée risque
d'aggraver considérablement la violence de l'agresseur.
Le combat défensif
La plupart des méthodes d'autodéfense sont, en réalité,
des formes de combat défensif, et l'on ne devient pas combattant du
jour au lendemain.
Je ne remets pas en cause les compétences
techniques ou physiques des instructeurs, dont la plupart sont tout à
fait capables de mettre en pratique ce qu'ils enseignent. Toutefois,
j'émets de sérieux doutes quant aux capacités de leurs élèves ou
stagiaires.
Les mouvements de combat, qu'ils soient à mains
nues ou impliquent l'usage d'« objets », exigent un long
apprentissage, suivi d'une période tout aussi longue pour en
acquérir la maîtrise. Par conséquent, il faut s'entraîner sans
relâche pour espérer appliquer avec succès une technique ou une
méthode lors d'une agression réelle.
Surfer sur la vague financière…
Et combien de « méthodes » sont-elles proposées ? Parfois dans le seul but de réaliser des profits, ou pour « accroître » le nombre d'élèves et, par là même, la notoriété de l'instructeur ?
En conséquence, l'éventail des offres exploitant la peur des agressions ne cesse de se multiplier.
Responsabilités
La première incombe à l'instructeur : il ne doit pas « induire en erreur » ses élèves en les exposant à des blessures graves résultant d'un mouvement mal exécuté ou défectueux.
Les instructeurs professionnels commencent toujours par un message axé sur la prévention. C'est là le principe fondamental de la véritable autodéfense : éviter les situations dangereuses provoquées par ses propres agissements (tels qu'un manque d'observation ou d'anticipation).
Vient ensuite une discussion sur la proportionnalité de la défense par rapport à l'attaque, car les conditions de la « légitime défense » sont inscrites dans le Code pénal, qui précise :
Les conditions de l'agression
• Injustifiée : L'attaque ne
repose sur aucun droit ni motif légitime (par exemple, se défendre
contre une interpellation légale de police n'est pas valable).
•
Actuelle (ou imminente) : Le danger doit être réel et immédiat, et
non passé ou simplement hypothétique (la vengeance après coup est
exclue).
La condition de la riposte
• Nécessaire et
proportionnée : L'acte de défense doit être le seul moyen de se
protéger et la réponse doit être mesurée par rapport à la
gravité de l'attaque (pas de disproportion excessive dans les moyens
employés). Elle doit aussi être immédiate (intervenir pendant
l'agression).
Le tout étant soumis à la décision d’un juge.
Toutefois, la responsabilité « morale » d'un instructeur de self-défense n'est codifiée nulle part. Par conséquent, la personne qui exécute la technique,qu'elle s'avère défaillante ou non, en est la seule responsable.
Connaissance de soi, maîtrise de soi, mise en ouvre d’une gestuelle adaptée
Quiconque souhaite se préparer à la « Self-défense » doit apprendre à se connaître sans faux-semblants : quelle est sa capacité à garder son sang-froid ? À gérer le stress ? À respirer correctement ?
En cas d'agression, on peut perdre tout ou partie de son calme. Cela peut conduire à un état de choc rendant l'individu incapable de réagir ou, à l'inverse, déclencher un instinct de survie se manifestant souvent par une violence extrême et incontrôlée, susceptible de dépasser les limites légales de la légitime défense et d'exposer la victime à une responsabilité juridique pour les blessures infligées à l'agresseur.
On est ce que l’on pratique
Et bien que nous sachions que le stress nous fait perdre une partie (voire la totalité) de nos capacités, nous sommes ce que nous pratiquons :
Un boxeur cherchera à esquiver ou à parer avant de contre-attaquer.
Un pratiquant de Krav-Maga déploiera tout son arsenal technique avec une violence maximale.
Un Aïkidoka cherchera à esquiver, puis à contrôler ou déséquilibrer son opposant.
Pour ma part
La formation que je propose met l'accent avant tout sur l'adoption de l'état d'esprit et de l'attitude adéquats.
Les prédateurs ciblent instinctivement les proies qu'ils perçoivent comme faibles ou isolées. Il est donc crucial de prêter attention à votre langage corporel, ainsi qu'à votre état d'esprit, afin de ne pas être perçu comme une proie ni devenir la cible d'un agresseur.
La prévention constitue la première ligne de défense : levez les yeux de votre smartphone et observez votre environnement, qu'il s'agisse des lieux où vous pénétrez (magasins, restaurants, salles de spectacle, etc.) ou des personnes qui s'y trouvent. Il ne s'agit pas de vivre dans l'anxiété permanente, mais simplement d'observer et d'analyser la situation avec calme et sang-froid.
Une grande partie de mon programme ne repose pas sur un « entraînement intensif », mais plutôt sur le développement d'une vigilance qui demeure active une fois éveillée.
Toutefois, s'il est préférable d'éviter les situations dangereuses ou de neutraliser les intentions hostiles d'un individu, il faut également apprendre à se dégager rapidement d'une situation défavorable sans fournir à l'autre partie un prétexte pour envenimer le conflit.
Les techniques initiales enseignées privilégient donc l'esquive et le dégagement. Par la suite, des mouvements plus élaborés viennent compléter un répertoire technique adapté pour faire face à des situations plus critiques. Cela nécessite, naturellement, de la pratique et de l'entraînement.
Mon programme de « Self-défense Aïki » : une gestion pacifique du conflit physique
La formation que je propose repose sur les principes de non opposition et vise à favoriser une attitude réduisant les risques d'accès de violence.
Elle met l'accent sur l'adoption d'une posture physique, d'un état de vigilance et d'un langage corporel propices à une résolution pacifique des conflits et minimisant les risques d'escalade de la violence. Le programme inclut des techniques spécifiques pour désamorcer les conflits risquant de dégénérer en affrontements physiques.
Le respect de l'intégrité physique, psychologique et morale est au cœur de cette formation. Elle est donc particulièrement adaptée au personnel soignant susceptible d'être confronté à des patients violents ou agités, notamment en milieu psychiatrique, ainsi qu'aux agents de sécurité, aux enseignants et à toute personne travaillant en première ligne au contact du public.
Cet aspect ne nécessite pas un entraînement intensif ; quelques séances par an suffisent.
L'apprentissage des gestes appropriés pour faire face à des situations plus critiques, telles que des agressions ciblées ou des attaques impliquant des armes blanches ou contondantes, exigera un entraînement plus régulier.
Dans le cadre de mon enseignement de la Self-défense, je n'enseigne pas le « combat défensif », qui requiert plusieurs séances d'entraînement hebdomadaires pour acquérir un répertoire technique, suivies d'une pratique constante afin de développer et de maintenir les capacités tant physiques que techniques.
Alors, Self-défense ou Combat de défense ?
L’essentiel est de ne pas donner un message trompeur.
Marc Senzier

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